Cyberattaque visant le ministère de l’Intérieur : une interpellation pour atteinte aux systèmes de l’État
Le parquet de Paris a annoncé, le 17 décembre, l’interpellation d’une personne dans le cadre de l’enquête ouverte après la cyberattaque visant le ministère de l’Intérieur. Selon un communiqué signé par la procureure de la République, Laure Beccuau, les faits sont qualifiés d’atteinte à un système de traitement automatisé de données à caractère personnel mis en œuvre par l’État, commise en bande organisée, une infraction passible de dix ans d’emprisonnement.
Le suspect, né en 2003, est déjà connu de la justice pour des faits similaires ayant conduit à une condamnation en 2025. Interpellé le 17 décembre à Limoges, en Haute-Vienne, il a été placé en garde à vue dans le cadre d’investigations menées par la section de lutte contre la cybercriminalité du parquet de Paris et l’Office anti-cybercriminalité (OFAC). Une nouvelle communication est attendue à l’issue de cette mesure, susceptible de durer jusqu’à quarante-huit heures.
La qualification pénale retenue par le parquet indique que l’intrusion ne se limite pas à un accès frauduleux isolé. Elle concerne un système étatique traitant des données personnelles, avec une circonstance aggravante liée à une action en bande organisée. Cette qualification implique l’existence d’une coordination préalable ainsi que la consultation effective de données sensibles, dont le périmètre précis reste à établir.
Ces éléments ont été partiellement confirmés par le ministre de l’Intérieur. Intervenant le 17 décembre sur franceinfo, Laurent Nuñez a indiqué que le ministère avait « fait l’objet d’une intrusion malveillante », qualifiée d’« acte grave ». L’attaque serait partie de boîtes de messagerie professionnelles compromises. Il a confirmé l’accès à des fichiers internes sensibles, notamment le Traitement des antécédents judiciaires (TAJ) et le Fichier des personnes recherchées (FPR), tout en reconnaissant que « l’ampleur des compromissions » n’était pas encore connue.
Conformément aux obligations légales, le ministère a saisi la CNIL et ouvert une enquête administrative interne.




